Je commencerais juste par un hommage à deux acteurs de cette scène. Dans le petit monde du Rock’n'Roll Garage, il y a toujours des évènements tragiques. Le départ brutal de Jay Reatard en est un, il aura connu un début de reconnaissance. C’est dans cet entrefilet de Libé que je l’ai appris il y a quelques jours. Début janvier, c’était Sébastien Favre (alias SF Sorrow), grand agitateur de la scène rock’n'roll parisienne qui disparaissait. Et parce qu’il faut de toute façon rebondir, il y a des évènements rares que nous devons encore plus savourer. La sortie d’un nouvel album des TOKYO SEX DESTRUCTION en est un. A fortiori avec une nouvelle tournée qui s’annonce.
D’accord, quelques explications. Parce quand on ne connaît pas, le nom fait se poser moult questions. Vous n’imaginez même pas les regards ou réflexions que j’ai pu avoir en arborant leur tee shirt en soirées ou ailleurs. Pourtant le titre “Black Noise Is The New Sound”, deuxième album, donne déjà quelques clefs. Remontons un peu plus loin. Des débuts en 2001, au Sud de Barcelone, démos, split, et un premier CD de 9 titres, Le Red Soul Communitte (2002) qui sera un formidable tremplin. Il arrive aux oreilles de John Sinclair, mythique manager du MC5 et fondateur du White Panther Party … Tout s’accélère alors, une tournée aux States, avec le maxi The Big Red Box For The Syndicate Of Emotions (2002). L’essai est transformé avec Black Noise Is The New Sound en 2004, et la première partie en Europe des quelques dates de la reformation des MC5. Flashback.
En pleine mode du revival R’n'R de ce début de millénaire, les groupes sont nombreux dans cette veine, pour ne citer que les meilleurs, on retiendra les Soledad Brothers, The Datsuns, The Hives, The International Noise Conspiracy, ou les français de The Elektrocution. Le garage punk, le blues punk, la soul, ont le vent en poupe. Les titres sont parfois de vrais brûlots politiques. Les TSD ne dérogent pas à la règle. En adoptant les pseudos, RR RJ SF etJC SINCLAIR ils donnent le ton. On ne peut que penser à John Sinclair, pur produit hippie post Summer of Love qui deviendra le guide spirituel du MC5 et du WPP, le White Panther Party. “It’s take five minutes, five minutes to decide if you want to be the problem or if you want to be the solution”, les hippies ce n’était pas que la révolution des fleurs, c’était aussi le LSD à s’en brûler le cerveau, la violence exacerbée, le sexe libéré, la contestation politique en pleine guerre du Vietnam, … Une contre culture à part entière, illustrée par “Kick Out The Jams” (1969) monument protopunk des MC5, à découvrir ou redécouvrir …
La rencontre entre les TSD et les MC5 n’était pas fortuite, mais plutôt prédestinée. Ce Red Soul Communitte aux titres équivoques comme Capitalism Plus Dope Equal Genocide en est le lien explosif ! Entre les yeah yeah, le rythme syncopé des claps et des riffs d’orgue ou de guitare, un chant hargneux et énergique, des refrains et des choeurs entraînants au possible, on ne peut rester de glace. Une envie irrépressible de taper des mains et des pieds, de danser. Les textes sont peut-être juste un ton en dessous de la puissance et l’énergie qu’ils engendrent, politisés, très ancrés à gauche, comme par exemple : “And everybody really really know that 75 percent of all people can’t pay their rent to live/Yeah, and the rich people spend their money on illegal job/Come on everybody/What can we do and what can we say?“.
L’exercice était difficile. Au vu de leur succès si rapide, Black Noise Is The New Sound (2004) était attendu de pied ferme. Les détracteurs diront qu’il est du même moule que les premiers, et que le style en soi, n’a rien d’original. Argument repris pour les productions ultérieures. Il en faut pour tous les goûts. Effectivement, il faut reconnaître que les similitudes sont nombreuses, mais cette fois-ci dans un album plus accessible. Tant par les textes que la musique. Un peu apaisé, mais pas pour autant ramolli ! Plus rock’n'roll que garage punk, mais toujours cette énergie et ce style qui ont fait leurs premiers succès. Le qualificatif de “grande classe” leur sied parfaitement, autant sur album que sur scène. Une tournée avec un public plus nombreux, un plateau de qualité dans des grosses salles, pour cet album. La version CD, offre les pistes en stereo, puis en mono … Une certaine conception de la musqiue au temps du tout numérique …
Le mouvement déjà notable s’accentue sur 5th Avenue South, sorti en 2005. Le tempo ralentit sensiblement, et les textes s’assagissent pour arriver à une production assez exceptionnelle. Le côté garage punk est remplacé par des touches plus soul et funk, typiquement 70′s. Choeurs et cuivres, remplacent un peu les hey hey hey, pour donner une dimension plus afro / blackexploitation voire psychédélique. Pari complètement réussi. Très recherché jusque dans les moindres détails, leur album s’inscrit dans la digne lignée des précédents, tout en marquant un certain virage dans le style et une grande sophistication dans les compos. Indispensable pour les amoureux du R’n'R !
En 2006 sort l’album Singles. Loin d’une simple compilation des meilleurs titres, c’est un panorama de leur début de carrière tout à fait exhaustif, … Et la compilation des 9 singles sortis sur divers labels, parfois difficilement trouvables. Les avis sont partagés. Faut-il commencer à écouter les TSD avec cet album, où se destine-t-il avant tout aux fans initiés ? Je dirais les deux. Leurs 3 premiers opus sont facilement trouvables, et celui ci offre un bon moyen de couper court aux tarifs prohibitifs chez les collectionneurs de 45 tours. A acquérir d’urgence. Rien du coup de très neuf, un panorama très varié du Rock des années 60 / 70, mais toujours cohérent dans cette recherche perpétuelle des TSD, qui en fait un groupe essentiel.
Leur nouvel opus est prévu pour le 25 janvier, The Neighbourhood. Pour patienter un peu, un avant goût avec The Sound Of Your Soul. On parle de nombreuses influences entre MC5, The Doors, Jimi Hendrix, … Voilà le trailer si on peut dire, qui à grand renfort de cuivres, fait déjà saliver. Dope & Love en écoute sur le myspace du label est excellent ! Le voyage 70′s leur plaît bien il faut croire, et ce pour notre plus grand bonheur. Orgue à gogo pour une mélodie parfaite, le groove et le chant marquent un mid-tempo qui en fait un morceau accrocheur et terriblement entraînant. J’attends leur tournée prochaine pour les voir bien sûr, et me procurer ce The Neighbourhood tant attendu (c’est toujours mieux pour les groupes d’ailleurs d’acheter les disques sur le stand en concert, que chez je ne sais quel revendeur, hormis il est vrai les distros réputées et fréquentables). Nouveau Label français, Pyromane records, qui signe outre les TSD, Gâtechien et Stetson, propose de nombreuses dates en France ! Notamment le 10 février à la Laiterie à Strasbourg et le 11 au Nouveau Casino à Paris pour la Release Party de Pyromane Records … A ne pas rater !
Quelques sources :
Leur page sur Allmusic, en anglais, est assez complète et propose quelques bonnes critiques. Chez, Dim Mak à leur débuts, toujours en anglais, quelques chroniques.
Très bon article sur le White Panther Party dans les archives du site Gonzaï, pour resituer un peu.
A lire aussi, chez les français de Métalorgie ou chez W-Fenec , de bons ensembles de chroniques (souvent très intéressantes d’ailleurs sur l’ensemble du site) … De vraies mines !

je me tâte, je vais peut-être me faire les 2 concerts
je pense aussi ! Avec une nette préférence pour le café Atlantik à Freiburg … Ne serait-ce que par le prix, le public, la cohérence du lieu …
et johnny je trouve qu’on en parle pas assez !
Mmm … Ne rajoutes pas de l’huile qui va allumer le feu !